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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 03:44

 

رِسَالَةٌ فِي الصُّوفِيَّةِ وَالْفُقَرَاءِ

 

« Rissâla fî as-Soufiyya wa al-Fouqarâ' »

 

L'épître sur les Soufis et les Pauvres [en Allah]

 

 

Par l’imâm et Chaykh al Islam Ibn Taymiyya

 

 

 

Rissala-Soufiyya.png

 

 

  

 

Langue : Arabe avec vocalisation (tachkil) et Français

 

 

 

 

 

 

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ

 

 

 

 

 

Extrait du livre

 

 

 

 […]

 


Au nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Prière et salut sur celui après qui il n'y a point de prophète. Le Shaykh de l'Islam [Ibn Taymiyya]– qu'Allah sanctifie son âme - fut interrogé au sujet des soufis (ṣoūfiyya). Ils sont [de plusieurs] sortes (aqsām), et il en est de même pour les « pauvres en Allah » (fouqarāʾ). Par conséquent, quelle est la particularité de chaque fraction (qism) ? Quelle obligation incombe à chacune d’elles et quelle voie doit-elle  suivre de préférence (yastaḥibbou)?

 

 

Il répondit :


La louange est à Allah. Quant au terme ṣoūfiyya, il n’était pas répandu dans les trois premières générations [de l’islam] (qouroūn), mais cela s’est produit par la suite. Il a été rapporté que plus d’un imam et plus d’un maître (shaykh) l’ont employé, tels l’imam Aḥmad Ibn Ḥanbal, [le shaykh] Aboū Soulaymān Ad-Dārānī et bien d’autres. Il est rapporté que Soufyān Ath-Ṯhawrī fit usage de ce terme alors que d’autres mentionnent cela à propos de Ḥasan Al-Baṣrī.

 

Il y eut divergence à propos de la signification attribuée au terme ṣoūfī. Il s’agit en réalité d’un adjectif d’attribution, tels qourashīmadanī, etc.

 

On a avancé que le terme se rapportait aux « gens du banc » (ahl al-ṣouffa). Ceci est erroné, car s’il en avait été ainsi, on aurait dit ṣouffiyy. De même qu’il est erroné d’attribuer l’origine du terme ṣoūfī au « rang (ṣaff) avancé qui se tient devant Allah » ou bien à « l’élite (ṣafwa) de la création d'Allah ». S’il en avait été ainsi, on aurait dit ṣaffiyy ou bien ṣafawiyy. On a prétendu que le terme ṣoūfī se rapportait à Ṣoufa Ibn Bichr Ibn Addi Ibn Ṭābikha, une tribu arabe qui dans l’ancien temps habitait dans les environs de La Mecque et à laquelle on rattache (younsabou ilay-him) des ascètes (noussāk). Si d’un point de vue lexical cela semble acceptable, en revanche l’argument est faible, car cette tribu n’était point célèbre et la plupart des ascètes ne la connaissaient pas. Et si les ascètes étaient rattachés à cette tribu, ce lien aurait été encore plus probant à l’époque des Compagnons, des Suivants et de leurs successeurs [immédiats]. De plus, la majorité de ceux qui se disaient soufis ne connaissaient pas cette tribu et n’auraient jamais admis la filiation à une tribu antéislamique, n’existant plus à l’époque dont il est question. Il est dit – et cela est connu – que [le terme] ṣoūfī se rapporte au port d’un [habit] de laine.

 

En fait, les soufis sont apparus pour la première fois à Bassora et les premiers à avoir bâti un « cloître » soufi (douwayra) furent certains disciples (aṣḥāb) de ʿAbd Al-Wāḥid Ibn Zayd; celui-ci faisait partie des disciples d’Al-Ḥasan [Al-Baṣrī]. 

 

Il y avait à Bassora une certaine exagération, dans le renoncement (zouhd), la dévotion (ʿibāda), la crainte d’Allah (khawf), ainsi que sur d’autres sujets que l’on ne trouvait pas chez les habitants des autres métropoles (amṣār). C’est pourquoi il était d’usage de dire : la jurisprudence selon [les gens de] Couffa et la dévotion selon [ceux de] de Bassora. D’après sa chaîne de transmetteurs remontant à Mouḥammad Ibn Sīrīn, Aboû Ash-Shaykh Al-Aṣbahānī a rapporté que ce dernier avait mentionné un groupe (qawm) ayant préféré des habits de laine, selon les termes suivants : « c’est un groupe qui a opté pour [l’habit de] laine, prétendant imiter le Christ fils de Marie. Cependant, l’exemple (hady) de notre prophète, qui s’habillait de coton et d’autres [sortes de tissus], nous est préférable ». Il y eut également d’autres histoires de ce genre. 

 

C’est pourquoi la plupart des choses que l’on raconte concernant l’exagération dans ce domaine ne se rapportent qu’aux dévots (ʿoubbād) de Bassora. À l’exemple de l’histoire de celui qui mourut ou qui perdit connaissance lors de l’audition du  Coran ; comme l’histoire de Zourāra Ibn Awfā, le juge de Bassora, qui tomba raide mort alors qu’il récitait, lors de la prière du matin, le verset :

 

{Lorsque l'on sonnera de la trompette}

(sourate  74 - verset 8)

 

Ou bien l’histoire d’Aboū Jahīr Al-Aʿmā qui mourut, alors que Ṣāliḥ Al-Mourrī  lui récitait le Coran. Et ainsi, on rapporte d’autres histoires à propos de ceux qui moururent à l’audition du Coran. D’autres parmi [les gens de Bassora] étaient « foudroyés » (youṣʿaqoūna) lors de la récitation du Coran. Cependant, les Compagnons ne connurent point cet « état spirituel » (ḥāl). Par conséquent, lorsque de tels phénomènes apparurent, une partie des Compagnons et des suivants les désavouèrent, tels Asmāʾ la fille d’Aboū Bakr, ʿAbdoullâh Ibn Az- Zoubayr, Mouḥammad Ibn. Sīrīn et d’autres.

 

La réprobation se fit de deux manières :

 

Il y avait ceux qui pensaient qu’il ne s’agissait que de feinte et de simulation. Ainsi, il est mentionné que Muḥammad Ibn Sīrīn a dit : « Ce qui permettra de trancher entre nous et ceux qui sont foudroyés (youṣʿaqoūna) lors de l’audition du Coran, c’est [l’épreuve suivante] : celui qui tombe (kharra) lors de la récitation du Coran, tandis qu’il est placé [en hauteur] sur un mur (ʿalā ḥāʾit), alors celui-ci est sincère ». Et parmi les réprobateurs, il y avait ceux qui désavouèrent ceci [totalement] car ils y voyaient une innovation contraire à l’exemple (hady) des Compagnons, ainsi qu’il est mentionné à propos de Asmāʾ et de son fils ʿAbdoullah. 

 

L’opinion de la majorité des savants est que celui qui est touché [par un tel état], alors qu’il est dans l’incapacité [de le repousser], ne peut être blâmé. Néanmoins,  [ces savants estiment] qu’un état inébranlable (ḥāl at-ṯābit - sic) lui est préférable. À cet effet, lorsque l’imam Aḥmad [Ibn Ḥanbal] fut interrogé à ce sujet, il répondit : « Yaḥyā Ibn Saʿīd Al-Qaṭṭān perdit connaissance tandis qu’on lui récitait le Coran. S’il y avait bien eu quelqu’un capable de « repousser » [un tel état], cela aurait été Yaḥyā. En effet, je n’ai vu personne plus raisonnable (aʿqal) que lui ». D’autres histoires de même sorte sont rapportées. On raconte que [l’imam] Ach-Châfi'î fut [également] touché par un tel [état]. Ce fut également le cas de ʿAlī Ibn Fouḍayl IbnʿIyāḍ, dont l’histoire est célèbre. En bref, [cet état spirituel] est arrivé à beaucoup, dont on ne peut mettre en doute la sincérité.

 

 


 […]

 

 

  [Page 2/26]

 

 

 

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بِسْمِ اللهِ 

 

 

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Et la louange revient à Allâh le Très-Haut.

 

 

Ô Allâh ! Accorde Ta miséricorde et Ton salut à notre Prophète Muhammad, aux membres de sa famille, à tous ses Compagnons, ainsi qu’à quiconque suit parfaitement leur voie, et ce jusqu’au Jour de la Rétribution.

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commentaires

Aboubacar Traoré 30/04/2015 22:42

J'aime les livres islamique surtout fiqhou et doit islamique.

L’imam Ahmad ibn Habal -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Les gens ont plus lanterne besoin de la science que de boire et de manger, car il suffit à l’homme de boire et de manger une ou deux fois par jour alors qu’il a besoin de la science autant qu’il a besoin de respirer. »  [Source : Madarij assalikin, tome 2, page 470]

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