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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 17:25

La Tahâwîyya ou la profession de foi des sunnites

Par l’Imâm Aboû Dja ‘far at-Tahâwî

[Commentaire de l’Imâm Ibn Abî Al-‘Izz al-Hanafî] 

La-Tahawiyya.jpg 

 La Tahâwîyya est le nom attribué à l'épître rédigée par l'imam Abû Dja'far at-Tahâwî mort en 321 de l’Hégire -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-. Une épître qui se veut être un exposé rappelant les fondements de la foi et de la religion, tels qu'ils ont été définis et enseignés par le Messager d'Allah -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallâm- à ses compagnons, qui à leur tour l'ont enseigné à la génération suivante -qu'Allâh soit satisfait d'eux tous-. Ces trois générations, qualifiées par le Prophète comme étant les meilleures générations de la communauté, puis tous ceux qui auront hérité de leur compréhension de la religion, sont des sunnites (Ahl as-sunna wal djama‘a).

 

Le Sunnisme est une voie du juste milieu, simple et claire, mais également un facteur d’union. C’est une voie qui exhorte le croyant à servir le Seigneur avec connaissance et clairvoyance, à se comporter envers les êtres avec sagesse, justice et compassion.

 

Quant à l’épître de l’Imâm at-Tahâwî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-, celle-ci fut mainte fois commentée. Cela dit, le meilleur commentaire qui lui fut consacré a ce jour est celui de l’éminent savant Ibn Abî Al-‘Izz Al-Hanafî, mort en 792 de l’Hégire -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-. Un commentaire exceptionnel qui se maintient dans une perspective purement sunnite et qui sans doute demeurera une référence. Ce commentaire a été repris en partie dans le présent travail.



Extrait du livre :

 

[2] - Il n'y a rien qui Lui soit semblable.


Commentaire


Les sunnites sont unanimes sur le fait que rien n'est semblable à Dieu lui-même, ainsi qu'à ses attributs et ses actes. Le Qur'an ainsi que la raison pure (‘Aql as-sarîh) nient catégoriquement toute description des créatures par les spécificités du Seigneur ou la comparaison des particularités des créatures avec les attributs de Dieu.

a) Arguments Coraniques :


La Partie suivante du verset :

 

« Il n'y a rien qui Lui soit semblable », est une réfutation des propos anthropomorphistes. La deuxième partie : « ... Et Il est Celui qui voit et qui entend », est une réfutation des propos niant les attributs divins.

 

b) Arguments rationnels

 

Il est connu du point de vue rationnel, que le genre d'être existant est soit absolu, soit relatif. Soit, il est éternel, ayant toujours existé, soit, il est temporel, existant après n'avoir pas existé. Soit, il est une créature nécessitant un créateur, soit, il n'est pas une créature ne nécessitant pas de créateur. Soit, il est dépendant de quelque chose d'autre, soit, il est indépendant. Cela dit, le relatif en peut exister que par ce qui est absolu. Le temporel ne peut avoir lieu sans l'éternel. La créature ne peut exister sans le créateur. L'être dépendant ne peut subsister sans l'être indépendant. Cette opposition binaire implique nécessairement l'existence d'un être absolu, existant de toute éternité, créateur, indépendant de tout. Tout être que celui-ci, ne peut-être que l'opposé.


D'autre part, on apprend par la réalité et par l'évidence, qu'il existe un type d'être temporel qui existe après n'avoir jamais existé. Le temporel ne peut être absolu ou existant de toute éternité, ni créateur de ce qui l'entoure, ni indépendant de tout. Il s'avère qu'il existe nécessairement deux types d'êtres: l'un nécessaire, l'autre contingent. L'un éternel, l'autre temporel. L'un absolu, l'autre relatif. L'un créateur, l'autre créature. Un point sur lequel ils s'accordent tous les deux, est que chacun d'eux est une chose qui existe réellement et absolument. Il n'est pas ignoré également que dans leur nature, ils ne peuvent être semblables ou identiques. S'il en était ainsi, ils seraient identiques dans le caractère nécessaire, le caractère possible ou impossible. Pour l'un-deux, la prééternité est obligatoire et existe par lui-même. Pour l'autre la prééternité n'est pas obligatoire et n'existe pas par lui-même. L'un est créateur, l'autre ne l'est pas. L'un indépendant, l'autre dépendant.

 

S'ils se ressemblaient, il aurait fallut que chacun d'eux ait une antériorité à la fois nécessaire et contingente, qu'il soit à la fois absolu et relatif, créateur et non-créateur, indépendant et dépendant. La similitude impliquerait l'union des opposés. Il s'avère ainsi que la similitude est manifestement rendue caduque par la raison, comme par les textes religieux (Qur'an et Sunna).


Toutes ces preuves permettent de constater ce qui peut leur être commun et ce qui les différencie. Cela dit, celui qui nie l'aspect commun au créateur et à la créature, est partisan de la négation des attributs (mou’attil), proférant des choses invraisemblables. Celui qui assimile le créateur à la créature, dans ce qui les différencie, est un anthropomorphiste, tenant également des propos absurdes, car ils s'accordent au niveau du nom, ils ne le sont pas absolument pas au niveau du nommé. Dieu est particulier par Son existence, Sa Science, Son Pouvoir. Dieu est exempt de toute association dans Ses spécificités. Si le créateur et la créature s'accordent sur l'existence, la science, le pouvoir, cette concordance a un caractère général, global et se situe dans les esprits, non dans les entités. Ce qui se trouve chez chaque entité est spécifique et ne peut être partagé".

 

 

 […]

 

  [Page 38/196]

 

Disponible uniquement au format Pdf :

 

Bismill-Lahi

 

http://ddata.over-blog.com/4/22/62/75/3/La-Tahawiyya-ou-la-profession-de-foi-sunnite-Sharh--Aq.pdf )

 

 

 

Et la louange revient à Allâh le Très-Haut.

 

Ô Allâh ! Accorde Ta miséricorde et Ton salut à notre Prophète Muhammad, aux membres de sa famille, à tous ses Compagnons, ainsi qu’à quiconque suit parfaitement leur voie, et ce jusqu’au Jour de la Rétribution.

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commentaires

L’imam Ahmad ibn Habal -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Les gens ont plus lanterne besoin de la science que de boire et de manger, car il suffit à l’homme de boire et de manger une ou deux fois par jour alors qu’il a besoin de la science autant qu’il a besoin de respirer. »  [Source : Madarij assalikin, tome 2, page 470]

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